Travailler la terre en fin d’année : Oui ou Non ?

Conseils

Faut-il travailler la terre au dernier trimestre ou la laisser se reposer ? Avantages et inconvénients, arguments des pro et des contres

C’est le dernier trimestre de l’année et les travaux dans le jardin se multiplient. On profite de cette dernière période avant l’hiver pour préparer le sol et maximiser la récolte. Toutefois, il ne faut pas oublier que la terre est comme un organisme vivant. Elle réagit par rapport à ce que vous lui donnez. Avant de se lancer dans les travaux, il faut donc se donner le temps de réfléchir sur leur pertinence, leurs conséquences et choisir les travaux adéquats avec précaution.

Amélioration de la structure des terres par la pratique du labour

Dans le dernier trimestre de l’année, le travail de la terre permet de réformer efficacement l’état physique et mécanique des sols. Dans les champs où ce sont des machines qui ont effectué les récoltes, il efface les ornières laissées par les engins.

Le travail de la terre est une activité qui facilite le semis. Il aide à semer facilement de manière traditionnelle ou par utilisation de semoir léger. Grâce à sa fonction, le sol devient plus ou moins poreux durant toute la saison de l’hiver. Ceci facilite l’échange d’air et le bon développement des racines pendant la période de culture.

Le travail de la terre par la pratique du labour corrige les dégâts causés par l’infiltration de l’eau. Ici, le fait de remuer le sol ramène à la surface les colloïdes argilo-humiques ainsi que les minéraux déjà enfouis. La technique améliore donc la structure de la terre et rend disponibles les ressources prévenant ainsi l’épuisement des sols.

Dans les milieux tempérés, la pratique aère les terres. Il mélange :

  • les déchets de culture ;
  • les fumiers ;
  • les engrais minéraux ;
  • les engrais organiques ;
  • la chaux.

Cet ensemble diminue les pertes d’azote par volatilisation pendant tout le dernier trimestre de l’année.

travailler la terre

Bon contrôle de quelques mauvaises espèces

Lorsque vous avez des cultures, le travail de la terre devient une nécessité. Il s’agit d’un bon moyen pour maîtriser la pousse et la croissance des mauvaises herbes. Lorsqu’il est fait au dernier trimestre de l’année, le développement de ces espèces qui empêchent la croissance des cultures est inhibé.

Un autre avantage très important est la protection contre les maladies. En général, le cycle des maladies en agriculture est connu et on peut prévoir l’arrivée de certains maux. Grâce à cela, le développement des espèces nuisibles (limaces, mouche des semis, vers gris) de culture peut être contrôlé. Il en résultera une récolte plus abondante et de bonne qualité.

Dans certains milieux, le travail du sol est une activité qui augmente le nombre des espèces intervenant dans la lutte biologique. Lorsqu’il est bien fait, l’agriculteur n’a plus besoin d’utiliser les pesticides ou les insecticides au moment de la réalisation du semis. En effet, le risque que les résidus de pesticides s’enfouissent dans le sol et entre en contact avec les semences est considérablement réduit. Il aide donc à lutter contre la contamination chimique.

Toutes ces opérations servent non seulement à préparer la terre pour les prochaines cultures, mais elles sont aussi économiques. Une fois fait au troisième trimestre, l’agriculteur n’a pas besoin de le refaire durant toute la saison.

Préparation du sol à recevoir le potager au moment opportun

Avoir un sol de qualité est un grand atout pour avoir un bon résultat lorsque l’on fait la culture des fruits ou légumes. Prendre le temps de bien entretenir la terre est donc inévitable si vous souhaitez avoir de bonnes récoltes. Le dernier trimestre est une bonne période pour le faire parce qu’il permet d’affronter l’hiver dans de bonnes conditions.

Lorsque cette opération est bien faite, le sol est convenablement nourri du fait de la décomposition lente des matières organiques. Cette activité apporte aussi un paillage assez consistant et une strate de déchets verts essentiels. Ces formations sont importantes et protègent la faune pendant tout le dernier trimestre. Cela favorise la croissance des champignons intervenant dans la culture du potager.

À la fin du trimestre, vous aurez une terre malléable et favorable aux fruitiers et aux légumineuses. Ainsi, vous aurez un bon enfouissement des racines dans le sol après la culture. Si le sol n’est pas travaillé, le jardinier pourrait ne pas obtenir un bon résultat après ses différents travaux.

Sur certains sols, l’apport d’éléments nutritifs n’est plus important après le travail de la terre. Par ailleurs, cette activité modifie dans le pH des humus pour le rendre plus ou moins acide s’il était basique.

Affaiblissement des terres à la longue

Au dernier trimestre, les travaux de préparation des cultures et même ceux faits pour s’assurer une bonne culture ne sont pas sans impacts négatifs. Ils peuvent provoquer la formation de strate compacte avant que les cultures ne soient bonnes. On peut assister aussi à la percolation des eaux. Cette situation risque de limiter l’accès à l’oxygène des plantes.

Il est aussi possible d’observer dans certains champs une mauvaise répartition des complexes argilo-humiques. Il s’agit là d’un cas qu’il faut éviter le plus possible. Il peut provoquer avant la fin de la saison l’érosion des sols et donc des pertes économiques importantes. Cette situation sera plus importante dans les régions fragiles que dans les zones tendues.

Toutes ces situations entraînent une réduction considérable de la quantité de matière organique disponible à la surface des terres après des pluies. En conséquence, l’on a tendance à avoir recours aux engrais agricoles qui ne permettent pas dans tous les cas d’obtenir le résultat voulu. D’ailleurs, ces produits favorisent les stress physiques (apparition des ornières par exemple).

S’il n’est pas bien fait, le travail de la terre peut aussi dégrader le relief. Comme dans les cas précédents, le sol sera aussi vulnérable à l’érosion après une quantité importante de pluies. Il est donc important de trouver les moyens adéquats pour faire le travail de la terre.

Impact du travail de la terre sur la biodiversité des organismes

La perte de la matière organique engendrée par le travail du sol au dernier trimestre à un impact négatif sur la biodiversité des organismes. Alors que c’est cette dernière qui assure l’aération des terres. Sa perte diminue le rendement des cultures après production.

Dans certaines régions où il fait chaud, cette activité provoque une décomposition en profondeur des champignons importants. Il est même possible d’avoir une acidification exagérée des sols et une augmentation des nématodes. Ce qui pourrait provoquer la perte d’azote.

Avec l’utilisation des machines, le travail de la terre a une incidence sur le nombre des vers. Il provoque une réduction de la biomasse de ces espèces ce qui conduit à la modification de certaines strates en surface.

Selon une étude, le travail des terres à travers le labour amène à la surface 10 % de la population des lombrics. Une bonne partie de ces espèces sera mangée par les oiseaux pendant le dernier trimestre. Notons que les lombrics interviennent dans la décomposition de la matière organique.

Laisser reposer la terre vers la fin de l’année est donc une bonne manière d’assurer l’équilibre de l’écosystème des sols. Il aide à ce que les différents éléments s’harmonisent entre eux facilement afin de rétablir une seconde vie avant la nouvelle saison.

Un repos s’impose-t-il à la terre au dernier trimestre ?

D’un côté, laisser les terres au repos pendant le dernier trimestre de l’année a plusieurs avantages pour la saison de culture. Cette pratique est importante dans le sens qu’elle amène le sol à stocker une quantité importante de sels minéraux et d’azote qui seront utilisés par les plantes.

De plus, les végétaux et autres espèces qui s’y déposent en absence de toutes activités seront décomposés. Le résultat est qu’il y aura assez d’éléments nutritifs pour les plantes au moment de la production. Par la suite, la matière organique sera transformée en humus. Avec ce dernier, les producteurs obtiendront à coup sûr un bon résultat. Outre ceci, les grands spécimens de la terre constitueront des sources d’oxygène.

Malgré tous ces avantages, une terre en bon état est aussi une terre à qui l’on donne du repos. Un rythme de travail effréné ne sera donc que néfaste pour vos rendements. Laisser les terres reposer est un bon moyen pour éviter qu’elle ne se fatigue avant la fin de la saison. Pour le dernier trimestre de l’année, les travaux à effectuer doivent être choisis avec soin.

Addition de quelques éléments aux terres laissées au repos

Les sols sont vivants comme les arbres et les animaux. Elles constituent aussi un réservoir d’éléments nutritifs pour les racines. Il est possible de les nourrir même quand elles sont laissées au repos. Pendant le dernier trimestre (période de repos), il faudra lui apporter du compost et des végétaux verts.

compost

Le sol étant très sec vers la fin de l’année, il sera aussi primordial de l’aider à emmagasiner de l’eau. L’oxygène apporté par l’eau sera transformé en matière organique absorbable par les racines dans les potagers.

Notons que lorsque les terres sont laissées au repos, il faut s’assurer que les déchets ne sont pas concentrés à un endroit. En effet, ceci ne favorise pas l’obtention d’un bon rendement sur l’ensemble du terrain. Si malheureusement ce constat est fait, il faudra penser à apporter des litières de feuilles ou autres déchets verts.

Autres dispositions importantes

Les producteurs qui souhaitent travailler la terre doivent nécessairement prendre certaines dispositions. Il faut par exemple s’assurer de ce que les sols ne sont pas remués jusqu’à une profondeur de 30 cm. En effet, c’est à ce niveau que se trouvent en général les vers indispensables à la décomposition de la matière organique.

Dans les zones vulnérables au lessivage, la terre peut être laissée au repos et recouverte de paillage. À ce niveau aussi, il faudra que le paillage n’ait pas une grande épaisseur. En effet, lorsqu’il y en a trop, ils absorbent ou détournent l’eau de pluie.

En savoir plus sur nos conseils jardin de fin d’année en octobre, novembre et décembre.

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